Comment faire du compost ?

Comment faire du compost ?

Le compostage est un processus qui transforme vos résidus agroalimentaires en une substance fertile qui nourrit vos plantes. Il est à la fois avantageux pour la santé de votre jardin, voire pour notre planète. Les règles de base sont simples. Retrouvez en détail dans cet article comment faire du compost.

Le principe du compostage

Le compostage nécessite des matières premières organiques, telles que les déchets de cuisine et les déchets de jardin. Les plus fréquemment utilisées sont les épluchures de légumes, marc de café, coquilles d’œufs. Les matériaux bruns comme les feuilles mortes, les copeaux de bois ou le papier sont aussi parfaits.

Le compost génère de la chaleur pendant le processus de décomposition. La température peut monter considérablement dans un compost bien équilibré. Une température élevée est bénéfique pour tuer les mauvaises herbes et les pathogènes. En général, cela peut prendre plusieurs mois à un an pour obtenir un compost mature. Cependant, le temps varie en fonction de nombreux facteurs, notamment la taille du tas de compost, les conditions environnementales et la gestion du compost.

L’important c’est de maintenir un équilibre entre les matières vertes riches en azote et les matières brunes riches en carbone. L’oxygène et l’humidité sont essentiels pour les micro-organismes. Différentes méthodes s’offrent à vous pour faire du compost soi-même.

Les différentes méthodes du compostage

Compostage en tas

Le compostage en tas est l’une des méthodes les plus répandues dans les jardins. Cette méthode consiste à superposer différents résidus de matières organiques déchiquetés par couches de 5 à 10 cm. L’endroit dans votre jardin doit être bien drainé, partiellement ombragé et facile d’accès.

En effet, il nous faut deux éléments de base pour faire du compost. De la matière brune pour apporter du carbone et de la matière verte pour apporter de l’azote. Par exemple, les feuilles mortes, paille, bran de scie, bois raméal fragmenté, marc de café. Les rognures de gazon, tonte d’arbustes, résidus de jardinières et déchets de cuisine sont aussi indispensables. Puis, vous pouvez déchiqueter la taille de ces matières premières. Plus les particules sont petites, plus le processus sera rapide. Afin d’accélérer la décomposition, il est préférable d’ajouter un peu de terre de jardin ou de compost mûr entre les différentes couches.

Maintenant, il est temps d’installer le tas de compost, idéalement reposé directement sur la terre et à l’ombre. Pour ce faire, on commence par créer une base de 20 cm de matériaux grossiers comme des rameaux déchiquetés, de la paille, ou des brindilles. Cela favorise l’aération initiale. On la recouvre ensuite avec de la farine d’algues, de la terre ou même du compost. Pour empiler les couches, il faut alterner environ 2-3 cm de matières vertes et 4-10 cm de matières brunes. Tous les 20-25 cm environ, il est important de rajouter l’activateur à compost. Pour terminer, le tas de compost devrait être recouvert de paille, de jute ou de carton pour le protéger des intempéries.

Méthode du Bokashi

La méthode du Bokashi est d’origine japonaise qui diffère du compostage traditionnel par sa capacité à décomposer rapidement les déchets organiques. Elle repose sur un seau spécial de compostage Bokashi qui contient des micro-organismes efficaces (EM). Les bactéries lactiques et des levures présentes dans l’activateur favorisent la fermentation. Il est en réalité du son de blé fermenté, de la mélasse (eau et sucre), ainsi que des organismes photosynthétiques, des actinomycètes et des champignons enzymatiquement actifs.

Le processus débute en ajoutant des déchets organiques dans le seau Bokashi. À chaque ajout, une petite quantité d’activateur EM est saupoudrée pour accélérer la fermentation. Le seau est hermétiquement fermé pour créer un environnement sans oxygène, ce qui favorise la décomposition anaérobie. Après quelques semaines de fermentation, les déchets ont été transformés en un matériau pré-composté appelé « pré-bokashi ». 

Cette méthode ne dégage pas d’odeurs désagréables et ne nécessite pas d’aération comme le compost traditionnel. Si surtout vous ne supportez pas les petites bestioles, c’est la méthode idéale.

Lombricomposteur

Le lombricomposteur est aussi une méthode de compostage adaptée aux environnements de petite taille où l’espace est limité. Il consiste à utiliser des vers de terre (en général des vers rouges) pour décomposer les déchets organiques.

Pour démarrer, vous aurez besoin d’un conteneur spécialement conçu, souvent en plastique, avec des plateaux empilables. Cela implique de superposer les déchets organiques dans les plateaux du lombricomposteur. Les vers se nourrissent de ces déchets, les digèrent et produisent un compost riche en micro-organismes. L’aération est cruciale, donc il faut veiller à ne pas compacter excessivement les matériaux. Une fois que le premier plateau est plein de compost, les vers migrent vers le plateau supérieur, laissant derrière eux un compost prêt à être récolté.

Comment faire du compost ?

Conseils et astuces

Si vous optez pour les méthodes traditionnelles, sachez que la qualité de votre compost dépend de l’équilibre entre les matières vertes et brunes. Il faut donc utiliser environ deux fois plus de matières brunes que de matières vertes. Assurez-vous de retourner fréquemment le tas pour favoriser l’aération et éliminer les pathogènes et les graines de mauvaises herbes. Le taux d’humidité doit également être surveillé, car il ne doit pas être ni trop sec ni trop humide. Pressez une motte de compost entre vos mains : si de l’eau en coule, il est trop humide ; si aucune eau n’en sort, il est trop sec ; mais si une goutte perle entre chaque doigt, vous avez le bon taux d’humidité.

À noter aussi que les déchets suivants sont à éviter pour faire du compost : plantes et feuilles malades, viande, poisson, crustacés, produits laitiers, pelures d’agrumes.

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